L'Europe et la région Rhône-Alpes
par Bernard Soulage, Vice-président de la Région Rhône-Alpes délégué à l'Europe et aux relations internationales et Bernard Betto, L'adjoint en charge de l'Europe à la Ville de Grenoble
Compte rendu
Rhône-Alpes est une région européenne, insérée en Europe, travaillant avec l’Europe et en demande d’Europe. C’est une région européenne de bonne dimension : deuxième région française (10% de la population), dixième région européenne dans un panel extrêmement varié dans un classement démographique, économique, scientifique, etc. C’est une région assez classique. Rhône-Alpes ne fait pas de particularité au niveau européen du point de vue de la diversité des espaces, ni de la taille. En termes de rayonnement et de notoriété, Rhône-Alpes est une région intermédiaire, elle ne fait pas partie des régions les plus connues en Europe. La montagne est l’élément fondamental de la notoriété de Rhône-Alpes à l’échelle internationale. Rhône-Alpes est plus un melting-pot que beaucoup d’autres régions européennes.
La faiblesse majeure de Rhône-Alpes est qu’elle n’a pas les pouvoirs des autres régions européennes comparables. C’est un nain politique et financier au regard des régions comparables en Europe. Elle a un budget par habitant qui est de 2 à 18 fois inférieur à celui de Bade-Wurtemberg, par exemple.
Rhône-Alpes est une région insérée en Europe. Elle a de nombreuses collaborations en Europe dont deux sont tout à fait emblématiques. La première c’est les « Quatre moteurs pour l’Europe » qui intègre quatre régions : la Lombardie, la Catalogne, Bade-Wurtemberg et Rhône-Alpes. Deux partenaires réguliers se rajoutent – la Flandres et Malo Polska. La deuxième insertion institutionnelle majeure, beaucoup plus récente, est l’Eurorégion Alpes-Méditerranée qui regroupe cinq régions françaises et italiennes (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Ligurie, Piémont, Vallée d’Aoste et Rhône-Alpes). Bien d’autres collaborations complètent le réseau européen de Rhône-Alpes.
Cette insertion institutionnelle est aussi vraie pour les villes. Il y a beaucoup de coopérations entre les villes de Rhône-Alpes et les villes d’Europe. Lyon et Eurocité en font l’exemple, etc.
Un autre élément de l’insertion en Europe c’est l’Université et la recherche. Les collaborations des Universités et des centres de recherches renforcent les coopérations institutionnelles. Une des grandes caractéristiques de l’insertion de Rhône-Alpes c’est les déplacements des étudiants à l’étranger : grâce aux bourses Erasmus et Rhône-Alpes, chaque année entre 15 et 20 milles étudiants partent chaque année pour étudier en Europe.
Un autre volet de l’insertion de Rhône-Alpes est l’intégration dans le tissu économique européen. Rhône-Alpes est un pôle économique important au niveau européen : ST Microelectronics, Minatech, etc.
Rhône-Alpes est aussi une région qui travaille étroitement avec l’Europe. La matière principale de rapport entre l’Europe et la région Rhône-Alpes sont les fonds structurels ce qui représente 400 millions d’euros sur la période de sept ans. Rhône-Alpes a réussi à garder des fonds pour trois raisons : la première c’est la question urbaine, la deuxième c’est les coopérations interrégionales et la troisième, bonne application de la stratégie de Lisbonne.
Rhône-Alpes est une région en demande d’Europe et notamment d’une Europe plus forte. Rhône-Alpes veut être présente dans la politique de cohésion. Elle rejoint aussi l’Europe dans sa bataille pour la prise en compte de la question urbaine. Elle souhaite beaucoup développer la coopération territoriale, dont une des dimensions importantes serait la montage et l’espace alpin. Rhône-Alpes est aussi pour une Europe plus forte de la science. Et, enfin, la région Rhône-Alpes mène une bataille pour une Europe plus citoyenne.
La question de décentralisation ainsi que celle du rôle de l’Etat dans l’Europe sont au cœur des débats sur l’Europe aujourd’hui. Selon le rapport Barroso 2009, l’Union européenne coordonne les efforts des Etats membres. Au moment de la présentation des crédits structurels pour la période 2007-2013, cette question avait été posée et à ce moment-là, on a pu constater la logique de récupération des pouvoirs au niveau de l’Etat. Les Etats ont voulu montrer qu’ils étaient les maîtres du jeu.
Les questions qui se posent pour les collectivités territoriales sont de savoir où est l’Europe, quel est son rôle et quel est le leur. L’Europe n’est pas un guichet. Quant aux collectivités territoriales, elles ne le sont pas non plus. Elles ont des responsabilités à assurer.
Le rôle de l’Europe est perceptible aux intersections entre les programmes et initiatives et les collectivités territoriales qui y accèdent. Cependant, aujourd’hui, tous les crédits européens à disposition des collectivités territoriales ne sont pas utilisés…Quelle en est l’explication ? Le constat qui a été fait est que l’accès à des fonds européens est extrêmement difficile à monter. Un investissement personnel en temps et en technique pour fabriquer ces dossiers est très considérable.
Une autre question d’actualité des rapports entre les collectivités locales et l’Europe est la politique de cohésion et le budget. Le débat tourne autour de l’évolution du budget de l’Union européenne. La discussion se fait sur quelques pour cents entre la Commission et le Parlement. Quelle serait la part du budget consacré à la politique de cohésion ? Comment se fera l’arbitrage entre la PAC et les fonds structurels ? Toute une série de questions qui concernent les rapports entre les collectivités locales et l’Europe sont au cœur d’actualité de l’Union.
Comment la ville de Grenoble se situe-t-elle dans ce rapport à l’institution européenne ? La ville de Grenoble s’est donnée deux missions : la politique européenne pour le fond et le rôle de faire évoluer la connaissance de l’Europe.
Grenoble est une ville qui a connu un passé industriel qui a été bâti sur des aspects de technologie et d’ingénierie. Le développement de Grenoble est lié à toute une chaîne d’utilisation d’énergie produite : papeterie, électrolyse, etc. La mutation de l’économie de Grenoble a été faite en l’espace de quelques décennies, sans pertes d’emplois, grâce au travail de l’Europe.
Le rôle de la ville de Grenoble de faire connaître l’Europe est lié au fonctionnement de la structure l’Europe Direct qui est intégrée dans les services de la ville de Grenoble. Cette structure fait tout un travail pour approfondir les connaissances sur l’Europe de toutes les couches de la population.
Pour terminer, il serait intéressant d’évoquer la question si l’Europe sans l’institution existe à Grenoble. Cela se manifeste par le développement dans les esprits de l’idée que l’Europe et la coopération internationales sont devenues une nécessité…L’Europe est active par le fait que les frontières ne sont plus apparentes et les citoyens Européens peuvent y circuler librement. L’Europe est donc présente dans le quotidien, sans qu’il y ait forcément le lien avec les institutions européennes.


