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Compte rendu L'Europe des universités

L’Europe des universités

 

Par Olivier Audéoud, Recteur de l'Académie de Grenoble, Chancelier des Universités,  professeur de droit et ancien Président de l’université Paris Ouest Nanterre-La Défense et Muriel Bourdon, docteur en histoire, auteur d'une thèse sur l'Europe des Universitaires

Compte rendu

 

Compte tenu de l’ampleur de l’espace européen de l’enseignement supérieur et de la recherche, quelques thèmes sont analysés dans le cadre de cette rencontre de l’UPEG.
Aujourd’hui, l’Europe retrouve l’espace des universités qui existait bien avant que l’Etat-nation ne soit même apparu. Historiquement, l’Université avait la particularité d’être un réseau de transmission du savoir. Elle facilitait la mobilité des savants, des enseignants et des étudiants. L’Europe revient à cette pratique historique. L’Europe des universités a largement précédé l’intégration européenne contemporaine.
Avant tout, à quoi sert l’Université ? Dans beaucoup de pays, notamment européens, l’Université réalise la formation des élites, mais est aussi le principal lieu pour la recherche. 85% de la recherche en France est fait dans le cadre universitaire. L’Université a aussi un rôle international au travers de la formation des élites des pays étrangers. Petit à petit, l’Université est devenue un critère de valorisation et de reconnaissance des pays, comme le montre le développement des classements mondiaux des universités, par exemple le classement dit de Shanghai. L’attractivité du pays est aussi calculée en fonction du nombre d’étudiants, notamment de doctorants venus de l’étranger. Au Canada, par exemple, 70% des chercheurs sont d’origine étrangère.
L’espace européen n’abordait pas dès son origine la question universitaire. La culture et l’éducation faisaient partie des prérogatives des Etats. La toute première piste d’intégration de l’enseignement supérieur et de la recherche dans l’espace européen se trouve dans le traité d’EURATOM. La Cour de justice des communautés européennes a ensuite joué un rôle important en stipulant dans un de ses arrêts que les études constituent un travail, les mettant ainsi dans le champ couvert par le traité de Rome et facilitant la liberté de circulation. Le principe de la liberté de circulation et la recherche vont ainsi progressivement créer une sorte d’alchimie.
L’espace européen de l’éducation et de la recherche, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est le résultat d’une action volontariste des Etats. Il relève donc avant tout d’une logique intergouvernementale. En 1998, les grands Etats européens lancent un processus d’harmonisation de l’architecture européenne de l’enseignement supérieur, appelé le processus de Bologne. Les systèmes nationaux doivent alors harmoniser les cadres de l’enseignement supérieur : les durées d’enseignement, les systèmes d’évaluation, les programmes, etc.  Depuis 1998, le cercle de pays participant à cette initiative s’est considérablement élargi.
Parmi les objectifs de la création de l’espace européen d’enseignement et de recherche, il faut mentionner la libre circulation, mais aussi la capacité de faire face au défi mondial de la qualité des enseignements et de la recherche dans le cadre de l’Université. Cette dernière reste la garante de l’enseignement supérieur en abordant de manière ouverte l’ensemble des disciplines scientifiques. L’idée essentielle est d’affirmer le monde universitaire. Par la création de nouveaux systèmes, l’Europe est devenue un modèle pour le monde. La mise en place du système de LMD (licence, master, doctorat) en est une très bonne illustration. De son coté, la semestrialisation permet l’harmonisation des calendriers universitaires. Le programme Erasmus est un autre succès de l’œuvre européenne en matière d’enseignement supérieur, par le développement de la mobilité étudiante et enseignante, notamment entre les universités des Etats-membres de l’Union européenne Europe .
On voit donc que l’Union européenne, accompagnée des Etats et des collectivités territoriales, a mis en place des moyens et des politiques pour que l’espace européen de l’enseignement et de la recherche fonctionne le mieux possible. Ce processus a abouti à la création d’un espace très attractif pour le reste du monde.
Le traité de Lisbonne marque une nouvelle étape de l’évolution de l’espace européen d’enseignement et de recherche, avec l’éducation tout au long de la vie et la professionnalisation du monde universitaire. Cela ouvre de nouvelles perspectives.
L’européanisation de l’Université Pierre Mendès France mérite un examen plus spécifique. C’est l’autre apport de cette réflexion générale consacrée à l’Europe des Universités. Cette question grenobloise a fait l’objet de la thèse d’histoire contemporaine de Muriel Bourdon. Il est possible de consulter la présentation très riche et très complète de ce phénomène spécifique d’européanisation universitaire sur le  site de l’UPEG.
Réalisé par Katsiaryna Zhuk

Le 12 mars 2011

 

Nos interviews

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La première série d'interviews sur le thème "Votre rêve de l'Europe" est disponible dans la rubrique "Ressources". Dans la liste: Michel Foucher, Jacques Rupnik, Pierre Veluise, Jean-Louis Quermonne, Ely Ould-Mohammed Vall, Sylvie Guillaume, etc.

Nos notes de lectures

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Un recueil de 15 notes de lecture des ouvrages récents sur l'Europe est disponible dans la rubrique "Ressources". Dans la liste: "L'Europe et l'avenir du monde" de M.Foucher, "Le temps des chimères" d'Hubert Vedrine, etc.

Nos cours sur l'Europe

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L'UPEG a lancé une nouvelle initiative: cours sur l'Europe. De courtes interventions (premières de la série) des spécialistes en questions européennes sur les institutions, les politiques et l'actualité européennes sont disponibles dans la rubrique "Ressources".

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